lundi 27 octobre 2014

Barrage de Sivens







Un mort sur la ZAD du Testet // Appel à rassemblement from stéphane trouille on Vimeo.




Alors que la mort d’un manifestant[1], dans la nuit du 25 au 26 octobre, a endeuillé la mobilisation contre le barrage de Sivens (Tarn), le rapport d’expertise commandé par le ministère de l’écologie critique sévèrement le projet. Publié ce 27 octobre, il dénonce une surestimation des besoins, une étude d’impact«de qualité très moyenne» et un financement fragile.


[1] Rémi Fraisse, 21 ans, était bénévole botaniste à Nature Midi-Pyrénées

La version actuelle du projet de barrage pèche sur trois points principaux. Telle est la conclusion du rapport réalisé par Nicolas Forray et Pierre Rathouis, ingénieurs généraux des eaux, des ponts et des forêts au Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), après 4 semaines d’investigation. Mandatés en septembre par le ministère de l’écologie, leur synthèse confirme les critiques portées par le Collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet, opposé au projet.

DES BESOINS RÉELS MAIS SURESTIMÉS
Le développement très important de l’irrigation, dans les années 1980 et 1990 sur le bassin Adour-Garonne, a conduit à une dégradation quantitative de l’eau potable et du fonctionnement biologique des cours d’eau. Pour optimiser les volumes prélevés, seuls des plans de gestion des étiages (PGE) ont été mis en place, comme celui du Tescou, approuvé en mars 2004 par la préfète du Tarn-et-Garonne mais non revu depuis. Le rapport du CGEDD préconise de remplacer ces plans, lorsqu’ils ont plus de 10 ans, par des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE).
Autre problème: les retenues collinaires, massivement développées par les exploitants agricoles (près de 200 aujourd’hui), disposent d’une capacité largement sous-exploitée: environ 120.000 mètres cubes par an pour une capacité totale de 965.000 m3.
Point central du débat, le volume de substitution destiné à l’irrigation a été surestimé d’au moins 35%[1]. Comme le signalait le Collectif de sauvegarde de la zone humide du Testet, ce chiffre est en effet basé sur une méthode de calcul ancienne, datant de 1997, et fondée sur des besoins forfaitaires à l’hectare, alors qu’une gestion volumique plus précise est disponible depuis 2004.
Depuis 10 ans, les agences de l’eau disposent de données précises sur les volumes prélevés, soumis à redevance lorsqu’ils dépassent 4.000 m3/an. La mission propose donc de revoir le volume de substitution à la baisse: de 726.000 à 448.000 m3. Ce qui correspond à 90% du maximum prélevé, soustraction faite de 100.000 m3 déjà sécurisés par le barrage de Thérondel (Tarn-et-Garonne). Au final, le volume d’irrigation dans la retenue de Sivens ne devrait pas dépasser 560.000 m3 au lieu des 907.500 m3 prévus initialement.
Quant au nombre de bénéficiaires du barrage, autre point de controverse, le conseil général du Tarn (maître d’ouvrage) l’évalue à 81 exploitations contre 19 seulement selon le Collectif du Testet. Le rapport d’expertise en a dénombré 30.

UNE ÉTUDE D’IMPACT «DE QUALITÉ TRÈS MOYENNE»
Le rapport pointe en particulier l’absence d’analyse du régime du cours d’eau à l’aval de la retenue, d’appréciation détaillée des effets sur la faune aquatique et piscicole, et d’étude des impacts en cas de débit maximal de 400 litres à la seconde. En conclusion, les experts demandent de revoir l’arrêté d’autorisation au regard d’études détaillées à faire réaliser par le maître d’ouvrage.
«Le choix d’un barrage en travers de la vallée a été privilégié sans réelle analyse des solutions alternatives possibles», tranchent les auteurs. Le barrage de Sivens, situé sur la commune de Lisle-sur-Tarn, a en effet été préféré à trois autres sites en travers du cours d’eau, sans explorer d’autres possibilités que la construction d’un barrage. Un nouveau manquement de l’étude d’impact.
Quant aux mesures compensatoires, évaluées à 1,17 million d’euros (hors acquisitions foncières), elles sont jugées insuffisantes. Pour rappel, 13 hectares de zones humides vont être détruits par ennoiement alors qu’ils abritaient 94 espèces animales protégées. Compenser la perte d’une grande surface en une dizaine de parcelles affaiblit la valeur de la compensation, notent les membres du CGEDD, qui recommandent au contraire d’y adjoindre une espace de grande taille (au moins 5 ha). Ou d’étoffer les surfaces définies.
Toutes ces erreurs sont d’autant plus regrettables que le coût d’investissement est élevé: 8,441 M€ selon le Comité d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG).

UN FINANCEMENT FRAGILE
Pour l’heure, cet investissement doit être financé par l’agence de l’eau (4,461 M€), le FEADER (2,032 M€), les conseils généraux du Tarn et du Tarn-et-Garonne (1,855 M€) et la région Midi-Pyrénées (0,082 M€). Mais les experts doutent de ce mix et demandent un réexamen auprès du FEADER et de l’agence de l’eau. Ils ajoutent que si les collectivités ont choisi de supporter à elles seules la totalité de la part non subventionnée, il serait souhaitable de demander une participation des irrigants bénéficiaires de l’ouvrage via le paiement d’une redevance.

5 SCÉNARIOS DE SORTIE
Alors que les travaux de déboisement sont très avancés sur le site de Sivens, comment imaginer la suite? Les experts ont passé en revue les 5 scénarios de sortie de crise. A commencer par l’arrêt pur et simple du chantier, qui ne pourrait légalement provenir que du maître d’ouvrage lui-même, c’est-à-dire le conseil général du Tarn. Les marchés étant passés avec les entreprises en charge du chantier, un dédommagement est à prévoir. Deuxième hypothèse: le statu quo qui, là encore, serait coûteux. Troisième possibilité: réduire le volume de la retenue. Cette solution ferait disparaître le risque financier mais pas les impacts sur l’environnement. Quatrième hypothèse, préconisée par les auteurs: définir une nouvelle allocation des volumes stockés. Le volume de substitution étant revu à la baisse (cf. plus haut), l’enveloppe dégagée permettrait d’améliorer le bilan environnemental du projet, d’en réduire l’impact, d’augmenter la réserve inter-annuelle de sécurité et d’en faire bénéficier des exploitations en maraîchage et des cultures à forte valeur ajoutée. Dernier scénario, peu probable compte tenu de l’avancement des travaux: remplacer le projet de barrage par trois ou quatre retenues.

DES CRITIQUES DÉJÀ POINTÉES
«La majorité des critiques contre ce barrage sont validées par les auteurs du rapport commandé par Ségolène Royal: il est surdimensionné, destructeur de la zone humide, basé sur des données obsolètes, en inadéquation avec l’évolution de l’agriculture locale, bénéficiant à une poignée de personnes et reposant sur des subventions loin d’être acquises», a résumé l’eurodéputé EELV José Bové, qui demande l’abandon du projet.
«Ce rapport rejoint exactement les conclusions que nous avions envoyées fin septembre 2013 à toutes les autorités locales et nationales, pointant des besoins agricoles surévalués, une capacité surdimensionnée, un financement européen peu fiable…», fulmine Ben Lefetey.
Contrairement aux experts du CGEDD, le porte-parole du Collectif du Testet rappelle que ce n’est pas parce qu’on a commencé des travaux qu’on est obligé de les poursuivre, et que, même si cela prend quelques décennies, la zone humide du Testet peut encore être sauvée car elle n’a pas été totalement décapée. «Nous demandons toujours l’abandon du chantier tel qu’il a été défini, ainsi qu’un temps de deuil suite à la mort de Rémi Fraisse. Pour la suite, nous appelons à une véritable concertation locale, pour que toutes les alternatives soient mises sur la table. Entre les blessés, les interpellations inconsidérées et maintenant un mort, la population locale est excédée», conclut-il. Ni le conseil général du Tarn ni le ministère de l'écologie n'ont encore réagi à cette publication.


[1] La capacité totale du barrage-réservoir, évaluée par le projet à 1,5 million de mètres cubes, se compose d’un volume de salubrité (434.000 m3), d’un volume destiné à l’irrigation (907.500 m3), d’un volume réservé pour la gestion inter-annuelle (103.500 m3) et d’un volume de fond de retenue non mobilisable (55.000 m3).



mercredi 24 septembre 2014

La FNSEA prend le contrôle du titre d'agriculteur... donc des aides européennes !

Source : Lemonde.fr


La loi d'orientation dite « loi d'avenir agricole » a été définitivement adoptée le 11 septembre à l'Assemblée nationale. Elle comporte des innovations non dénuées d'intérêt, tels les futurs groupements économiques et environnementaux, auxquels on souhaite de connaître une plus longue vie que les contrats territoriaux d'exploitation créés par la loi de 1999, mais qui n'ont pas survécu à l'alternance politique de 2002.
En revanche, la représentation nationale risque de faire de l'agriculture une sorte de profession protégée, alors même que l'on proclame par ailleurs la nécessité d'ouvrir à la concurrence ce type de professions…
En instituant un « registre des actifs agricoles » (qui ne prend d'ailleurs pas en compte ces actifs que sont les ouvriers agricoles, permanents ou saisonniers, qui effectuent pourtant 27 % du travail…), le législateur donne en effet corps à un vieux rêve, celui de la Corporation paysanne fondée sous le régime de Vichy.
EN TOUTE HÂTE
En réponse à la demande insistante du syndicalisme agricole majoritaire et de ses alliés, le ministre de l'agriculture s'est vu conduit à déposer en toute hâte un amendement gouvernemental à son projet de loi initial, peu avant sa discussion à l'Assemblée nationale.
Selon cet amendement, ce registre devait tout d'abord être un « répertoire des actifs agricoles », confié à la garde de la Mutualité sociale agricole (MSA, le pendant agricole de la Sécurité sociale), qui devait prendre en compte tous ses affiliés. C'était là un compromis, puisque l'on ne cédait al..

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mercredi 17 septembre 2014

sur la ZAD du Testet

Source : Groupe GROIX

http://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

Ma messe du haut d'un arbre... c'était le 3 septembre.



La justice, le temps et demain ?
Les gens sérieux. Les forces de l’ordre.
Les rêveurs. Les casseurs.

« C’est pas ça la vie ! » qu’il a dit sérieusement le gendarme.
De l’ordre. Des ordres. Désordres.

La vie prospère. Dans tous les sens.
Des milliers, des centaines d’années.
Le temps des arbres.
La force de la vie.

L’abatteuse abat. Mettre à bas. En bas.
En quelques secondes.
Le temps des machines.
La force de l’énergie, fossile.

Les zadistes grimpent. En haut.
Pendant quelques années, quelques jours, quelques heures.
Le temps des humains.
La force de leurs mains. Juste deux mains.

Lendemains.
Lents.
Justes.

mardi 24 juin 2014

Néonicotinoïdes: une menace majeure pour la biodiversité

Le "soyons sérieux" à changé de camp !

Source : JDLE


Les néonicotinoïdes sont-ils en train d’engendrer un désastre écologique plus important qu’on ne l’imaginait? Tout porte à le croire, au vu de la méta-analyse présentée mardi 24 juin par un groupe d’experts internationaux.
En soi-même, l’impact de ces insecticides sur la mortalité des abeilles, souvent abordé par la presse, est déjà des plus inquiétants (voir le JDLE). Mais les néonicotinoïdes, pesticides utilisés 1994 en France et dont la part de marché serait d’environ 40%, pourraient avoir des effets bien au-delà. Et même sur l’ensemble de la faune, comme l’a révélé mardi 24 la Task Force on Systemic Pesticides lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
Ce groupe de chercheurs de tous pays, qui conseille notamment l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a analysé plus de 800 études scientifiques publiées depuis une vingtaine d’années. Résultat: une gigantesque méta-analyse portant sur l’effet des néonicotinoïdes sur de nombreuses espèces. Le tout tronçonné en sept articles à paraître dans la revueEnvironmental Science and Pollution Research, dont le premier, sur les vertébrés, vient d’être publié.
LES VERS DE TERRE EN PREMIÈRE LIGNE
Selon ce travail, ce sont les invertébrés terrestres, tels que les vers de terre, qui sont les plus affectés par les néonicotinoïdes. Ils sont «exposés à des niveaux élevés via le sol et les plantes, à des niveaux moyens via les eaux de surface et par lixiviation, et à des niveaux faibles via les poussières dans l’air», considère la Task Force.
Viennent ensuite les insectes pollinisateurs, dont les abeilles et les papillons, fortement contaminés par l’air et les plantes, dans une moindre mesure par l’eau.  Ils sont suivis par les invertébrés aquatiques, tels les gastéropodes d’eau douce et les puces d’eau, puis par les oiseaux. Les poissons, les amphibiens et les bactéries les talonnent.
Quant aux mammifères et aux reptiles, les chercheurs disent «ne pas disposer de données suffisantes pour déterminer s’il existe ou non un impact, mais dans le cas de ces derniers, la conclusion est qu’un tel impact est probable».
«Les conclusions du WIA [Worldwide Integrated Assessment, ou Evaluation mondiale intégrée en français] sont des plus préoccupantes», estime le président de la Task Force, le Hollandais Maarten Bijleveld van Lexmond. «Nous pouvons à présent clairement voir que les néonics et le fipronil représentent un risque pour les fonctions et services écosystémiques qui va bien au-delà des inquiétudes afférentes à une espèce [les abeilles, ndlr] et qui mérite vraiment d’être porté à l’attention des gouvernements et des instances de réglementation».
EFFET RÉVERSIBLE OU NON?
Agissant comme des neurotoxines, les néonicotinoïdes entraînent entre autres «un butinage amoindri des abeilles, une capacité altérée du ver de terre à creuser des tunnels, des difficultés à voler et une sensibilité accrue aux maladies», rappelle la Task Force. Or ces substances, dont très peu atteignent leur cible (comme pour les pesticides en général), se retrouvent en abondance dans l’environnement, bien au-delà des zones traitées.
Interrogé à ce sujet par le JDLE, l’un des membres de la Task Force, Jean-Marc Bonmatin du Centre de biophysique moléculaire d’Orléans (CNRS), estime qu’il faudrait «quatre à cinq ans pour en nettoyer les sols», une fois leur usage interrompu. Reste qu’ils vont se retrouver dans l’eau, jusque dans les océans. «Mais si on décidait de réduire très fortement leur utilisation, les problèmes qu’on observe maintenant devraient se résoudre en cinq à six ans», avance-t-il. Du moins «en espérant que la situation ne soit pas irréversible».
Pour la Task Force, il s’agit «désormais de prendre davantage de précautions, de durcir encore la réglementation sur les néonicotinoïdes et le fipronil, et de commencer à planifier leur suppression progressive à l’échelle mondiale ou, du moins, à formuler des plans visant à réduire fortement leur utilisation dans le monde».
UNE RÉSOLUTION POUR L’INTERDICTION TOTALE
C’est d’ailleurs le sens du projet de résolution déposé jeudi 19 juin par le sénateur Joël Labbé (EELV) et le député Germinal Peiro (PS). Tenant en un seul article, il appelle «le gouvernement français à agir auprès de l’Union européenne pour une interdiction de toutes les utilisations de ces substances néonicotinoïdes, tant que les risques graves pour la santé humaine, animale et l’environnement ne seront pas écartés».
En mai 2013, la Commission européenne a fortement limité l’usage de trois néonicotinoïdes (clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride), pour une durée de deux ans à partir du 1er décembre 2013 (voir le JDLE). L’interdiction concerne les semences enrobées, les microgranules pour le traitement du sol et la pulvérisation pour le traitement foliaire, notamment sur certaines céréales -sauf celles d’hiver. Le traitement après floraison et l’utilisation sous serre reste en revanche autorisée.
Pour l’Union nationale de l’apiculture de France (Unaf), qui appelle à «ne plus tergiverser», «cela n’est malheureusement pas suffisant, étant donné que ces produits restent utilisés sur de très larges surfaces, comme une grande partie des céréales à paille ou sur de nombreuses cultures à fleur après leur floraison. Par ailleurs leur durée de vie, très longue dans le sol (plusieurs années), favorise la contamination des plantes cultivées suivantes ou des plantes adventices».
Selon Jean-Marc Bonmatin, les interdictions successives ne constituent que de «petites mesurettes», au vu de «l’étendue du problème»«Le problème est clair, il faut désormais que chacun prenne ses responsabilités», ajoute-t-il. Ecartant tout préconçu militant derrière la méta-analyse de la Task Force, il souligne le caractère scientifique de ces travaux [1].
Après présentation mardi 24 à Bruxelles et Manille (Philippines), d’autres conférences de presse sont prévues, mercredi à Ottawa, jeudi à Tokyo. La préoccupation quant aux néonicotinoïdes dépasse en effet largement le cadre européen. Vendredi 20, le président Barack Obama a ainsi chargé l’Agence de protection de l’environnement (EPA) «d'évaluer l'effet des pesticides, y compris des néonicotinoïdes, sur la santé des abeilles et autres pollinisateurs, et de prendre des mesures le cas échéant», dans les 180 jours.
[1] Ils ont été financés par la banque néerlandaise Triodos, fondée en 1980 et qui dit se concentrer sur «des projets d’énergies renouvelables, des initiatives de technologies environnementales, des entreprises du secteur de l’agriculture biologique et biodynamique, et des projets de protection de la nature».

dimanche 22 juin 2014

HappyAttention et la pleine conscience à l'école

Source : Printemps de l'éducation


C’est une révolution, un nouveau « savoir-être » à l’école afin de créer un lien plus riche entre élèves et enseignants, afin de créer de nouvelles connexions avec soi-même et les autres en devenant explorateur de soi-même grâce à l’observation. Avec douceur, empathie et compassion. Car notre monde est interconnecté, interdépendant et la pleine conscience apporte ce souffle de connexion dont chacun a besoin dans sa vie. Créer une présence à soi, aux autres et au monde qui nous entoure.

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Le documentaire « Etre et Devenir »

Source : Printemps de l'éducation
Site du film



Etre et devenir propose, pour la première fois sur grand écran, des récits d’expériences et des rencontres qui explorent le choix de ne pas scolariser ses enfants, de leur faire confiance et de les laisser apprendre librement ce qui les passionne.

Le chemin de découverte de la réalisatrice nous emmène à travers quatre pays, les Etats-Unis, l'Allemagne (où il est illégal de ne pas aller l'école), la France et l'Angleterre. Ce film est une quête de vérité sur le désir inné d'apprendre.  (99 minutes)



Etre et devenir BA from pourquoi pas productions on Vimeo.

Dérives et conséquences néfastes du programme PISA

Source : Printemps de l'éducation

Il y a  plus d’un mois environ, le quotidien anglais The Guardian, publiait une lettre adressée à l’OCDE, à propos des dérives et des conséquences néfastes du programme PISA sur les systèmes éducatifs des pays concernés par cette évaluation. Cette lettre était signée par d’éminents professeurs, enseignants et chercheurs en Sciences de l’éducation du monde académique anglo-saxon, en majorité américains et anglais. Il nous semble particulièrement pertinent et approprié dans l’actuel débat sur l’éducation en France, de faire connaître cette lettre également au public français et francophone.
Nous en souscrivons entièrement l’analyse et les propositions formulées par ses auteurs, et nous signons aussi !
Antonella Verdiani, Présidente du Printemps de l’éducation

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vendredi 20 juin 2014

Hériter d’Ellul

Source : Biosphere-info

On ne peut inventer à l’envi des formes de liberté qui nous permettraient de faire n’importe quoi de nous-même et de notre environnement. Jacques Ellul (1912-1994) met au contraire des réalités précises sous le mot liberté : elle est liée à la responsabilité et à la conscience. Voici un résumé des actes des conférences du 12 mai 2012, « Hériter d’Ellul ».

                Ce résumé est suivi de quelques extraits de deux  livres de Jacques Ellul. Notons que le message d’Ellul sur la technique est aussi relayé par l’association TECHNOlogos.

I) Hériter d’Ellul


1/3) Jean-Luc Porquet, l’accélération
Je prendrai trois idées fortes d’Ellul :
1. « La Technique rend l’avenir impensable. » On en est maintenant au transhumanisme, un mouvement prédisant que bientôt l’homme va fusionner avec la machine. Ce qui rend le monde de demain vraiment impensable, et les réjouit. On doit donc à la Technique et à son développement ce fait nouveau : l’avenir est encore plus impensable qu’hier, et ce sont les techniciens qui s’en réjouissent.
2. « La Technique crée des problèmes qu’elle promet de résoudre grâce à de nouvelles techniques. » Les techniciens rêvent de pouvoir refroidir la Terre grâce à la géo-ingénierie : injection dans la haute atmosphère d’une très grande quantité de soufre, fertilisation du phytoplancton des océans avec de la limaille de fer, etc. Bref, face à la menace qu’il a sécrétée lui-même, le système technicien ne sait offrir que des réponses techniques.
3. « La Technique renforce l’Etat qui lui-même renforce la Technique. » Une des accélérations les plus visibles de ces dernières années concerne le flicage généralisé. Tous les systèmes de biométrie, de géolocalisation, de vidéo-surveillance, de traque numérique, tous ces systèmes de traçage du citoyen mènent droit vers un monde où la vie privée n’existe plus.
                Dans Le bluff technologique, Ellul citait un analyste américain prédisant qu’après une ère de dilapidation et de gaspillage, il y aurait forcément une remise en ordre du système. Jacques Ellul ne voyait aucun tendance du système à la stabilisation, il prévoyait que le système technicien poursuivrait inexorablement son expansion. Celle-ci est aujourd’hui en pleine accélération. D’où cette question qui reste ouverte : comment freiner ?

2/3) Philippe Gruca, de la vie moderne comme mensonge par omission

                « L’homme est fait pour six kilomètres à l’heure, et il en fait mille », écrivait Jacques Ellul dans La technique ou l’enjeu du siècle. L’être humain a toujours agi localement et pensé localement. Nous nous posons toujours des questions à hauteur d’homme : hors de la vue, hors de l’esprit. Sachant que son intelligence a été modelée au sein de collectifs humains ne dépassant généralement pas 500 personnes, que ses sens ne franchissaient pas les montagnes, est-il véritablement capable de penser globalement ? Or, a l’heure de la délocalisation, c’est désormais avec des ouvriers chinois que nous nous retrouvons à faire société. Nos lieux de vie ne se suffisent pas à eux-mêmes mais sont éminemment parasites ; la vie, majoritairement urbaine, peut être assimilée à un permanent mensonge par omission.
                La vie dans nos macrosociétés se caractérise par la maximisation du décalage entre l’internalisation des commodités et l’externalisation des nuisances. Les vitrines brillent, les rues sont nettoyées la nuit, les publicités caressent de promesses, les intérieurs sont bien chauffés. Tout va bien. Où est le problème, où est-il ? Nous ne fréquentons pas le nucléaire : nous fréquentons des interrupteurs, des écrans et des voitures bientôt « propres ». Entre nos mains ne se retrouvent que les éléments de la part infime des circuits s’étalant sur des milliers de kilomètres. Hors du segment entre le caddie et la poubelle s’active tout un monde que nous ne connaissons pas. Nous vivons en milieu technicien, pour reprendre l’expression de Jacques Ellul. Tant que seront absents de notre cadre de vie les éléments sur lesquels la conscience puisse avoir prise, il sera inutile d’espérer une quelconque prise de conscience.
                Il nous faut trouver des lieux ou habiter. Le champ de blé dans le champ de vision, en voilà la condition. Aussi petites peuvent-elles paraître, les démarches collectives allant dans le sens de notre autonomie sont les seules à pouvoir prendre la relève des macrosociétés, quand ces dernières, ivres de leur centralisme, s’effondreront après le verre de trop.

3/3) Simon Charbonneau, l’espérance oubliée

Quand la pierre a quitté la main, c’est le diable qui la guide.
A Fukushima, la puissance de la Nature a mis symboliquement en échec celle de la Technique. Ce qui a changé depuis 40 ans, c’est la multiplicité des menaces de désastres et de catastrophes en tous genres. Ceci explique les désarrois actuels de l’oligarchie, prise au dépourvu par des situations inédites, et qui ne voit d’issues que dans la fuite en avant. De cela, il résulte un sentiment général d’impuissance et un fatalisme de l’opinion qui se réfugie dans des paradis artificiels. Il faut donc résister à la tentation du renoncement. Reste la voie de ce que Ellul appelle paradoxalement le « pessimisme de l’espérance », l’homme ne peut compter que sur lui-même, l’oligarchie ayant choisi le renoncement.
                Plus concrètement, il faut un renversement complet des représentations dominantes. Le désarmement dans tous les sens du terme et dans tous les domaines, de l’arme nucléaire à l’informatisation généralisée des relations humaines en passant par le génie génétique, est nécessaire. Nous devons ralentir et freiner l’innovation technologique galopante, source de bouleversements permanents de notre vie quotidienne, introduire de la détente dans nos activités professionnelles et de loisirs, simplifier notre environnement, en un mot, il s’agit de dégonfler l’hybris (la démesure) de l’homme moderne.
                Une telle réorientation ne peut se décréter, car elle suppose une véritable conversion spirituelle de l’homme moderne qui devra accepter de ne plus recourir à des prothèses technologiques pour vivre. Cela suppose l’acquisition d’une culture de l’effort moral et physique. Il ne s’agit pas de rêver mais d’œuvrer à la renaissance de l’Esprit dans le cœur des hommes.
Source : Hériter d’Ellul, actes des conférences du 12 mai 2012  (éditions de la table ronde, 2013, 196 pages pour 7,10 euros)

II) La technique ou l’enjeu du siècle de Jacques ELLUL (1960, réédition Economica 1990)

1/2) La technique a créé un milieu inhumain
La machine a créé un milieu inhumain, concentration des grandes villes, manque d’espace, usines déshumanisées, travail des femmes, éloignement de la nature. La vie n’a plus de sens. Il est vain de déblatérer contre le capitalisme : ce n’est pas lui qui  crée ce monde, c’est la machine. La technique va encore plus loin, elle intègre la machine à la société, la rend sociable. Elle lui construit le monde qui lui était indispensable, elle met de l’ordre là où le choc incohérent des bielles avaient accumulé des ruines. Elle est efficace. Mais lorsque la technique entre dans tous les domaines et dans l’homme lui-même qui devient pour elle un objet, la technique cesse d’être elle-même l’objet pour l’homme, elle n’est plus posée en face de l’homme, mais s’intègre en lui et progressivement l’absorbe…
L’atomisation des individus confère à la société la plus grande plasticité possible, elle est une condition décisive de la technique : c’est en effet la rupture des groupes sociaux originels qui permettra les énormes déplacements d’hommes au début du XIXe siècle et assure la concentration humaine qu’exige la technique moderne.  Il faut arracher l’homme à son milieu, à la campagne, à ses relations, pour l’entasser dans les cités. Aujourd’hui chaque homme ne peut avoir de place pour vivre que s’il est un technicien. On pourrait même dire que tous les hommes de notre temps sont tellement passionnés par la technique, tellement assurés de sa supériorité, qu’ils sont tous orientés vers le progrès technique, qu’ils y travaillent tous, si bien que la technique progresse continuellement par suite de cet effort commun. En réalité la technique s’engendre elle-même ; lorsqu’une forme technique nouvelle apparaît, elle en conditionne plusieurs autres, la technique est devenue autonome. Il faut toujours l’homme, mais n’importe qui fera l’affaire pourvu qu’il soit dressé à ce jeu !
2/2) La technique sert à faire obéir la nature
La technique sert aussi à faire obéir la nature. Nous nous acheminons rapidement vers le moment où nous n’aurons plus de milieu naturel. La technique détruit, élimine ou subordonne le monde naturel et ne lui permet ni de se reconstituer, ni d’entrer en symbiose avec elle. L’accumulation des moyens techniques crée un monde artificiel qui obéit à des ordonnancements différents. Mais les techniques épuisant au fur et à mesure de leur développement les richesses naturelles, il est indispensable de combler ce vide par un progrès technique plus rapide : seules des inventions toujours plus nombreuses pourront compenser les disparitions irrémédiables de matières premières (bois, charbon, pétrole… et même eau). Le nouveau progrès va accroître les problèmes techniques, et exiger d’autres progrès encore. Mais l’histoire montre que toute application technique présente des effets imprévisibles et seconds beaucoup plus désastreux que la situation antérieure. Ainsi les nouvelles techniques d’exploitation du sol supposent un contrôle de l’Etat de plus en plus puissant, avec la police, l’idéologie, la propagande qui en sont la rançon. Alors qu’il y avait des principes de civilisation différents, tous les peuples aujourd’hui suivent le même mouvement : les forces destructrices du milieu naturel ont maintenant gagné tout le globe.
En conséquence, le milieu dans lequel vit l’homme n’est plus son milieu. L’homme est fait pour six kilomètres à l’heure et il en fait mille. Il est fait pour manger quand il a faim et dormir quand il a sommeil, et il obéit à l’horloge et au chronomètre. Il est fait pour le contact avec les choses vivantes, et il vit dans un monde de pierre.

III) Le bluff technologique de Jacques ELLUL (Hachette, 1988)

Pourquoi, alors que la technique présente tant d’effets négatifs, n’en prend-on pas conscience ? Le premier facteur qui joue dans le sens de l’oblitération est très simple : les résultats positifs d’une entreprise technique sont ressentis aussitôt (il y a davantage d’électricité, davantage de spectacles télévisés, etc.) alors que les effets négatifs se font toujours sentir à la longue. On sait maintenant que l’automobile est un jeu de massacre, cela ne peut enrayer la passion collective pour l’auto. Il faut en second lieu tenir compte du paradoxe de Harvey Brooks : « Les coûts ou les risques d’une technique nouvelle ne sont souvent supportés que par une fraction limitée de la population totale alors que ses avantages sont largement diffusés. Le public ne sent rien (la pollution de l’air), ou ne sait rien (la pollution des nappes phréatiques). Un troisième caractère joue dans le même sens. Sauf lors des accidents, ces dangers sont très diffus et il ne paraît pas de lien de cause à effet évident entre telle technique et tels effets : techniques industrielles et création du prolétariat, techniques médicales et explosion démographique, etc. Enfin un dernier facteur est à retenir : les avantages sont concrets, les inconvénients presque toujours abstraits. Le motocycliste éprouve une joie sans mélange sur son engin, et la  redouble en faisant le maximum de bruit. Le bruit est un fléau, mais ce danger apparaît dans l’opinion tout à fait abstrait. Bien souvent même le danger n’est accessible qu’à la suite de longs raisonnement, ainsi des effets psychosociologiques de la télévision.
L’affaire n’est pas finie, car si cette prise de conscience a lieu, on va se heurter à trois obstacles. D’abord ce qu’on peut appeler le complexe technico-militaro-industriel. Donc cela englobe aussi le régime socialiste. Tout ce que l’on peut faire contre les centrales nucléaires n’a servi à rien. A cela vient s’ajouter que sont engagés dans les opérations techniques des capitaux gigantesques : on ne va pas interrompre une fabrication parce que le public est inquiet. Nous en sommes toujours au stade du XIXe siècle où les maladies pulmonaires des mineurs de charbon n’empêchaient pas l’exploitation des mines. A la  rigueur on évaluera les risques en argent et on paiera quelques indemnités. Et c’est là la troisième oblitération, tous les dommages sont simplement évalués en argent, cela fait dorénavant partie des frais généraux. Il faudrait accepter d’avance le principe de faire une balance effective entre les avantages et tous les inconvénients, tant sur le plan de la structure des groupes sociaux que des effets psychologiques ! Impensable !
S’il y a une chance que l’homme puisse sortir de cet étau idéologico-matériel, il faut avant tout se garder d’une erreur qui consisterait à croire que l’individu est libre. Si nous avons la certitude que l’homme est bien libre en dernière instance de choisir son destin, de choisir entre le bien et le mal, de  choisir entre les multiples possibles qu’offrent les milliers de gadgets techniques, si nous croyons qu’il est libre d’aller coloniser l’espace pour tout recommencer, si… si… si…, alors nous sommes réellement perdus car la seule voie qui laisse un étroit passage, c’est que l’homme ait encore un niveau de conscience suffisant pour reconnaître qu’il descend, depuis un siècle, de marche en marche l’escalier de l’absolue nécessité.

mercredi 21 mai 2014

16 mai 2014 : expulsion massive et destruction des lieux de vie sur la ZAD du Testet

Source : Tantquilyauradebouilles

42 voitures de gendarmerie, 20 fourgons de CRS, un panier à salade, un hélicoptère, deux pelleteuses, cinq camions-bennes, un huissier, du personnel de la bourgeoisie PS du conseil général et de la Préfecture, la presse en règle avec leur papier. Au total, bien 350 personnes pour expulser. Face à cela, une cinquantaine de gens.
lever-soleil-lune

Au petit matin du 16 mai 2014 à la Métairie Neuve, la lune encore pleine dans le ciel bleuissant, nous avions du mal à nous mettre debout, à sortir de nos couvertures. La veille, nous avions passé la nuit à nous agiter. Les uns avaient regardé une projection de court-métrages, avaient discuté. Les autres avaient fait cuire du pain dans le four vieux de 250 ans, rénové et remis en service par les habitants de passage. A 1h du mat’, une tournée de pizzas au feu de bois fut distribuée. Puis dormir que d’un oeil.

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Reportage de France 3


Docu Etre sans avoir

Source : Fr 3

Diffusé le sam. 17-05-14 à 15:25 | Plus que 2 jours
Documentaire de société | 55'
TOUS PUBLICS
De : Christophe Ferrux
L'émission : Jean-Paul a une philosophie : vivre pauvre et heureux ; peut-on tout refuser : les impôts, les taxes, les convocations, les conventions et même le travail ?


Voir le documentaire :
http://pluzz.francetv.fr/videos/documentaires_franche_comte_,102819443.html

jeudi 15 mai 2014

Auto-dissolution et refondations du Pavé

Une expérience (et non un échec !) inspirants, des valeurs et des mots à piocher...

Source : SCOP Le Pavé


A tous nos amis, soutiens, anciens stagiaires, collègues éducateurs populaires, à vous tous qui suivez de près ou de loin l’aventure du Pavé...quelques nouvelles :
Faisant suite à des difficultés que nous n’arrivions pas à résoudre seuls et à une semaine de socianalyse pour tirer les fils de ces dysfonctionnements, l’équipe du Pavé a décidé de mettre fin à la Scop Le Pavé à la fin de l’année, et de refonder au gré des désirs des uns(unes) et des autres une ou plusieurs entités dans la foulée....ou un peu plus tard.
Nous choisissons la dissolution mais pas la liquidation, qui ne permettrait pas de donner les possibilités matérielles à la création de nouveaux espaces de travail. Le Pavé n’existera plus mais la structure juridique conservée permettra une assise économique favorable à une ou des refondations.
Nous avons souhaité nous expliquer auprès de tous ceux qui nous connaissent, sur ce qui nous amène à cette décision, et vous trouverez en pièce jointe et sur notre site notre "manifeste d’auto-dissolution et de refondations" .
Les suites de tout ça, on y travaille dès la semaine prochaine, et un texte de refondation sortira avant l’automne.
On peut quand même déjà vous dire que tous nos engagements sur 2014 seront tenus, et que le programme de formation? 2015 est dans les tuyaux, il est toujours commun aux 4 coopératives d’éducation populaire et il devrait sortir en juillet.
Au plaisir de vous croiser d’ici là ou bien après !

PDF - 510.4 ko
Manifeste de dissolution et de refondations du Pavé
 
 

samedi 10 mai 2014

Relation Parent-Enfant : Association Imagine

Essentiel, sur le fond et sur la forme...

Source : La journée de la non-violence éducative via Sabine


L’association Imagine, troupe de théâtre amateur, a vue le jour en 2004.
Elle regroupe des professionnels petite enfance.
Leur objectif: Créer et mettre en scène des spectacles-débat pour les parents autour
de la relation Parent-Enfant. Ils sont mis en scène par Marie Liagre, Comédienne et metteur en scène.
Les acteurs de la troupe Sont:
  • Arnaud Deroo
  • Dominique Steinberg
  • Ana Matten
  • Patricia Groussard
  • Florence Van mallaghem
 Voir le site de l'asso


 




Cespedes : hommes, femmes

La masculinité, la puissance (joie), le corps, l'éducation genrée, l'accès aux émotions, les yeux fermés, le féminisme réactualisé, le devenir, l'encouplement, l'histoire d'amour... intéressant, intéressant.


vendredi 9 mai 2014

2393, tricentenaire de la fin de la civilisation occidentale

Source : JDLE
[1] L’effondrement de la civilisation occidentale, éditions Les liens qui libèrent, 2014, par Noami Oreskes et Erik Conway.
[2] Les marchands de doute, éditions Le pommier, 2010, par Noami Oreskes et Erik Conway.

Lire l'article

Historienne des sciences, célèbre pour avoir décrypté les motivations et les pratiques des négationnistes du changement climatique, Noami Oreskes a publié un livre prophétisant la fin de la civilisation occidentale[1]. Nous l’avons rencontrée.

Dans votre livre, vous vous placez dans la peau d’un analyste chinois qui, en 2393, à l’occasion du tricentenaire de la fin de la civilisation occidentale, essaie de comprendre comment cette société, informée des risques climatiques, a pu disparaître. Paradoxalement, ce sont les scientifiques qu’il critique…
Effectivement. Dans notre précédent ouvrage, Les marchands de doute[2], nous avons montré, avec Erik Conway, combien la communauté scientifique avait été victime de véritables campagnes de désinformation. Mais, il faut reconnaître aussi que cette communauté s’est renfermée sur elle-même et s’exprime souvent dans un langage abscons, incompréhensible, qui lui nuit fortement.

Par exemple?
Lors du passage des cyclones Rita et Katrina, les médias ont montré les victimes, les dégâts. Cela a suscité une véritable attente populaire vis-à-vis du changement climatique. Cette attente a été douchée par les climatologues qui ont aussitôt dit qu’il était impossible de dire avec certitude que ces deux super cyclones étaient la conséquence des changements climatiques. Mais la responsabilité des politiques est bien sûre également importante !

Que pensez-vous de la politique climatique européenne?
Augmenter la part des énergies renouvelables, ouvrir un marché du carbone, tout ce que vous avez fait est très bien. Mais vous avez péché par optimisme, en pensant que cette politique allait servir de modèle au monde entier, qu’il y aurait un prix mondial du carbone et que tout ce dispositif finirait par faire baisser les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le fait que le marché du carbone n’ait pas fonctionné aussi bien qu’attendu est presque normal, c’était une première. Il faut se méfier des voix qui s’élèvent pour dire « il faut une taxe plutôt qu’un marché » au premier problème. Ce qui compte c’est d’avoir quelque chose ! Aux Etats-Unis ceux qui expliquent que le marché ne fonctionne pas lorsqu’on est sur le point d’en mettre un en place sont les mêmes qui, quelques années plus tard, vont prétendre le contraire. Ce sont des lobbys…

Les États-Unis ont aussi ouvert deux marchés du carbone…
C’est vrai que nous avons pris beaucoup d’initiatives, comme les marchés de quotas d’émission en Californie et dans le nord-est du pays, ou les tarifs d’achat pour l’électricité produite par les éoliennes. Mais c’est insuffisant pour faire suffisamment baisser les émissions de GES.

Le gouvernement américain a publié un important rapport sur les conséquences du changement climatique dans le pays. Pensez-vous que cela fasse évoluer l’état d’esprit des Américains?
C’est possible. Je crois, en effet, que ce rapport va réduire l’influence des climatosceptiques. Il va permettre aussi aux médias de s’emparer à nouveau du sujet climatique, un peu comme le passage sur New York du super cyclone Sandy. Le fait que les éditeurs du New York Times aient été directement affectés dans leur vie personnelle a réellement changé leur façon d’aborder la question…

Croyez-vous à la signature d’un nouvel accord sur le climat en 2015?
Difficile à dire. Les États-Unis sont généralement peu enclins à signer de grands accords, a fortiori s’ils sont contraignants. Ce qui ne les a pas empêchés de conclure, en 1963, le traité d’interdiction des essais nucléaires avec l’Union soviétique, alors que les chances étaient faibles. Tout est donc possible, si les conditions politiques sont réunies. Surtout si la Chine avance dans la même direction.

Revenons au livre. Comment le narrateur chinois du XXIVe siècle explique-t-il l’effondrement de la société occidentale?
Parce que les scientifiques n’ont pas su convaincre de l’urgence climatique, parce que les politiques n’ont pas voulu donner un signal clair aux entreprises, comme une taxe carbone, la société occidentale n’a pas pu s’adapter à des changements climatiques brutaux. Le meilleur exemple en est donné par les États-Unis. Lors de son accession au pouvoir, Barack Obama a, très vite, voulu initier un New Deal vert, en développant les énergies renouvelables, les réseaux intelligents, les économies d’énergie, et en créant des emplois verts. Cela n’a pas plu au Congrès, ni à certains cercles d’influence.
A un point tel qu’on a réussi à persuader le président Obama que son New Deal ne donnerait pas de résultat suffisamment vite pour convaincre les Américains de son efficacité. C’est incroyable si l’on se rappelle que les conséquences du New Deal de Roosevelt ont été saluées par des générations d’économistes!
 Plus généralement, les politiques sont incapables de comprendre que la lutte contre le changement climatique est une formidable opportunité pour construire un nouveau modèle de développement économique, propre à réduire notre consommation d’énergie, à réaliser les travaux nécessaires à l’adaptation. Pourtant s’il s’agissait, par exemple, de nous protéger de missiles russes, ils sauraient rapidement quoi faire.

Dans votre ouvrage, vous sous-entendez que la Chine a pu s’adapter aux conséquences du réchauffement parce qu’elle est soumise à un régime autoritaire. La démocratie serait-elle incapable de lutter contre le changement climatique?
Si l’on croit vraiment en la démocratie, on doit accepter de taxer le carbone qui est le seul mécanisme capable, dans un tel régime, de changer radicalement l’économie. Si nous ne le faisons pas, la démocratie ne pourra agir efficacement pour alléger son empreinte carbone.  
Mais la question que l’on peut aussi se poser est : nos démocraties en sont-elles vraiment ?
En Malaisie, la majorité des citoyens veulent protéger les forêts. Or le gouvernement n’agit pas en ce sens. Sans doute, pour préserver les intérêts des producteurs d’huile de palme.
Ce sont des groupes d’intérêt comparables qui affirment, aux États-Unis, que les marchés de quotas d’émission n’ont jamais montré leur efficacité. C’est pourtant avec de tels outils que l’on a diminué les pluies acides dans le nord du pays, ou assainit la qualité de l’air en Californie. Je n’oublie pas non plus tous ces politiciens qui étaient favorables à la taxation du carbone il y a quelques années, et qui sont devenus cyniquement contre. C’est aussi cela notre démocratie.

dimanche 27 avril 2014

Le jeûne, une nouvelle thérapie ?

Nous sommes génétiquement adaptés à ne pas être gavés tout le temps...
Notre corps a beaucoup de ressources pour s'auto-soigner.


Source : ARTE


mardi 8 avril 2014

Niveau de vie et inégalités au niveau de la commune : savoir et agir

Source : Observatoire des inégalités

Testez le niveau des revenus et des inégalités avec l’application de l’Observatoire des inégalités, du Compas et de la Gazette des communes.

http://www.comparateurterritoires.fr/


Que peuvent faire les communes contre les inégalités ?
Lire l'article

Les communes peuvent-elle réduire les inégalités ? Leurs moyens sont modestes en comparaison de ceux de l’Etat ou de la protection sociale, et les élus locaux n’ont pas les coudées franches sur leurs budgets. Néanmoins, la proximité et la relation presque quotidienne des services municipaux avec leurs concitoyens sont des atouts. Noam Leandri et Vivien Roussez de l’Observatoire des inégalités présentent les cinq principaux leviers d’action des communes contre les inégalités.
  1.  Fiscalité locale : des inégalités entre communes
  2. Services publics municipaux : égalité d’accès et tarification équitable
  3. Logements sociaux : attribution juste et mixité sociale
  4. Action sociale des communes : répondre au plus près aux besoins
  5. Communes employeurs : balayer d’abord devant sa porte

samedi 5 avril 2014

Modèle contributif et production

Source : Blog Y Rumpala

  1. Article 1 : Un modèle contributif de type wikipédia peut-il être étendu à des productions matérielles ?
À partir de ces deux champs d’expérimentation et pour apprécier les conditions de possibilité d’une forme matérielle de « production entre pairs sur la base de communs », les trois billets qui vont suivre reprendront les trois angles précédents. Il s’agira d’abord de montrer que, pour des biens matériels, des dispositions d’esprit désintéressées sont aussi envisageables et qu’elles peuvent s’exercer vers des activités productives en enclenchant des formes de travail propres (1). Seront ensuite analysés les rapports sociaux et formes de coordination qui peuvent les faciliter et les aider à se déployer (2). En reconnectant (évolution du) travail et (évolution des) systèmes productifs, nous terminerons en donnant des éléments pour évaluer les voies alternatives et les potentialités que ce type d’activités productives semble ouvrir dans l’ordre socio-économique, notamment en fournissant de nouvelles capacités et ressources pour les conditions d’existence des individus et des groupes (3).
  1. Suite : Contributions volontaires et facteurs d’intéressement à une (co)production entre pairs
La contribution désintéressée à un projet collectif renvoie à un type d’activité particulier qui suppose certaines dispositions d’esprit. Il faut donc un minimum de concordance entre des valeurs ou de compatibilité entre intérêts. Pour cette raison, il est d’abord utile de revenir sur les intentions portées dans ces projets collaboratifs, pour comprendre comment des subjectivités peuvent s’y investir et comment des motivations peuvent être entretenues...